En Belgique, la maison de maître occupe une place à part. Construite à la fin du XIXe ou au début du XXe siècle pour la bourgeoisie urbaine, elle à été pensée pour durer, recevoir et impressionner. Plus d’un siècle plus tard, elle n’a rien perdu de son pouvoir de séduction. Voici six raisons qui expliquent cette fascination, illustrées par des biens actuellement proposés par Sotheby's International Realty Belgium.
Des volumes qui racontent une histoire
À l’époque, la hauteur sous plafond affichait le rang de la famille. Aujourd’hui, ce volume est devenu un luxe rare : la lumière entre largement par les hautes fenêtres et chaque montée d’escalier a quelque chose de théâtral. Ces espaces généreux laissent aussi une grande liberté pour aménager et faire vivre la maison à sa façon. Coup de cœur située avenue Molière, cette maison Beaux-Arts de 1925, signée A. Lissen, déploie un grand escalier qui part du hall d’entrée et relie les quatre niveaux. Fidèle à la tradition du « bel étage », la réception se tient au premier, avec un salon au feu ouvert et une salle à manger avec balcon. Près de 671 m² entièrement rénovés, dans une maison inscrite au patrimoine.
Un écrin de calme au cœur de la ville
Sur la place Saint-Jean, à quelques minutes du Markt, on pourrait s’attendre au va-et-vient du centre de Bruges. Pourtant, derrière la façade de cette maison de maître, l’ambiance change aussitôt. Entièrement rénovée, la demeure s’étend sur environ 316 m² et compte 4 chambres. Le vaste hall d’entrée, les hauts plafonds et les grandes baies vitrées donnent le ton : ici, tout respire l’espace. Au premier étage, le salon s’ouvre sur la place, tandis que la bibliothèque mène à une terrasse d’environ 45 m² orientée sud-ouest. Tout en haut, la suite parentale profite d’une vue sur le Beffroi, loin de l’agitation.
Le charme des détails anciens
Moulures, façades ornées, rampes d’escalier : ces éléments ont été façonnés à la main par des artisans dont le savoir-faire a presque disparu. Ils portent la marque d’une époque, de ses goûts et de ses ambitions. C’est cette authenticité, impossible à recréer dans une construction neuve, qui donne à chaque maison de maître son âme. Cette demeure nichée à Woluwé-Saint-Pierre, l’annonce dès la rue avec sa façade aux décors néoclassiques. Un passage cocher, prévu autrefois pour les attelages, mène à un escalier majestueux, puis à des pièces de réception lumineuses aux moulures d’époque. Avec un ascenseur, 10 chambres sur environ 740 m² et une dépendance transformée en appartement, elle peut accueillir deux familles.
Plus qu’une maison : un art de vivre
Aujourd’hui, le vrai luxe d’une maison de maître, c’est sa capacité à s’adapter à votre quotidien. À Berchem, à deux pas du parc Roi Albert, cette maison de 1909 signée Adolphe Van Coppernolle en est un bel exemple. Style éclectique, touche néoclassique, 375 m² entièrement rénovés et 4 chambres. Un espace indépendant dès l’entrée peut accueillir une activité professionnelle, le séjour s’ouvre sur la terrasse et le jardin privatif, et le deuxième étage est entièrement consacré à la suite parentale. Le grenier permet d’ajouter une chambre et une salle de bain.
Des extérieurs à la hauteur de la maison
La maison de maître a deux visages : une façade faite pour être vue côté rue, et un jardin intime côté cour. Ce contraste fait tout son charme, car il suffit de traverser le salon pour quitter la ville. En milieu urbain, ce coin de verdure caché est l’un des atouts les plus recherchés.Cette maison donne sur la place animée Jean Vander Elst à Uccle, avec à l’arrière un jardin d’environ 225 m² à l’abri des regards. Le salon, la salle à manger et la cuisine avec îlot s’ouvrent directement sur la terrasse, et l’intérieur se prolonge naturellement dehors. Bâtie en 1898 et rénovée en 2014, la maison a gardé plus de 4 m sous plafond, une cheminée, des carreaux de mosaïque et un parquet en chêne massif.
Si les maisons de maître fascinent toujours autant, c’est parce qu’elles réunissent ce que le neuf peine à offrir : des volumes qui impressionnent, des détails d’époque façonnés à la main, des jardins et terrasses cachés au cœur de la ville et une grande liberté pour s’approprier les lieux. Plus d’un siècle après leur construction, elles n’ont rien de reliques du passé : elles continuent de s’adapter à nos vies. Aux quatre coins de la Belgique, elles prouvent qu’un art de vivre peut traverser les époques sans perdre son âme.